Ordre de prélèvement des tubes : le guide complet

Citrate, sec, héparine, EDTA, fluorure. L'ordre n'est pas une convention arbitraire : chaque additif peut contaminer le tube suivant et fausser un résultat.

Mis à jour le 15 septembre 2026 · Lecture 5 min

Depuis que l'infirmier peut prescrire certains examens biologiques en autonomie, il prélève aussi plus souvent. Et une question revient systématiquement en tournée : dans quel ordre remplir les tubes ?

La réponse tient en un principe. Chaque tube contient un additif, et cet additif peut passer dans le suivant par le corps de l'aiguille. Un peu d'EDTA entraîné dans un tube de biochimie, et la kaliémie grimpe artificiellement pendant que la calcémie s'effondre. L'ordre de prélèvement n'existe que pour éviter ces contaminations croisées.

L'ordre à respecter

TubeAdditifAnalysesÀ savoir
1 Bleu clair Citrate de sodium 3,2 % TP/INR, TCA, fibrinogène Remplir jusqu'au trait de jauge. Le ratio sang/anticoagulant conditionne le résultat : un tube incomplet fausse l'INR.
2 Jaune ou or Activateur de coagulation + gel séparateur Biochimie, sérologies, hormones, lipides Retourner 5 à 6 fois. C'est le tube du sérum : bilan lipidique, créatininémie, TSH, sérologies.
3 Vert Héparine de lithium Biochimie sur plasma Alternative au tube sec selon l'automate du laboratoire. Retourner 8 à 10 fois.
4 Violet ou mauve EDTA K2/K3 NFS, plaquettes, HbA1c, groupe sanguin Retourner 8 à 10 fois. L'EDTA chélate le calcium : c'est le tube de l'hématologie.
5 Gris Fluorure de sodium + oxalate Glycémie Le fluorure bloque la glycolyse : sans lui, le glucose continue d'être consommé dans le tube et la glycémie est sous-estimée.

La couleur n'est pas une norme. Elle varie selon le fabricant — BD, Greiner, Sarstedt ne codent pas tous de la même façon. C'est l'additif qui fait foi, et c'est lui qui figure sur l'étiquette. En cas de doute, le protocole de votre laboratoire prime toujours sur n'importe quel tableau, y compris celui-ci.

Les erreurs qui coûtent un prélèvement

Le tube citrate incomplet

C'est de loin la première cause de rejet par le laboratoire. Le tube bleu contient un volume fixe de citrate calculé pour un volume de sang précis. Rempli aux deux tiers, le ratio est faux et l'INR est ininterprétable — avec le risque que cela implique chez un patient sous AVK. Attendez le trait de jauge, même si le remplissage est lent.

Le retournement oublié ou trop brutal

Un tube avec additif doit être retourné doucement, cinq à dix fois selon le type, immédiatement après le remplissage. Pas d'agitation : secouer provoque une hémolyse qui rend le prélèvement inexploitable, notamment pour la kaliémie.

Le garrot laissé trop longtemps

Au-delà d'une minute, la stase veineuse concentre les protéines et le potassium. Desserrez dès que le sang coule.

Le jeûne présumé

Tous les bilans ne l'exigent pas. La glycémie à jeun et le bilan lipidique, oui. Une NFS, un ionogramme ou une créatininémie, non. Faire revenir un patient pour rien coûte une visite ; faire prélever sans jeûne un bilan qui l'exigeait coûte un résultat.

Et les prélèvements non sanguins ?

Ils suivent leurs propres règles. L'ECBU se recueille en milieu de jet après toilette périnéale, dans un flacon stérile. Les PCR IST se font sur premier jet urinaire, après au moins une heure sans uriner — l'inverse exact de l'ECBU, ce qui prête à confusion — ou sur écouvillon fourni par le laboratoire.

MyOrdo le fait pour vous

À partir des examens que vous venez de prescrire, l'application liste les tubes nécessaires, dans l'ordre, avec leur additif, et vous signale si le patient doit être à jeun. Les tubes communs à plusieurs analyses ne sont comptés qu'une fois.